Champion olympique, champion du monde et figure emblématique du sport ivoirien, Cissé Cheick Sallah annonce la fin de sa carrière sportive et affiche son ambition de prendre les rênes de la Fédération ivoirienne de taekwondo. Un nouveau chapitre pour celui qui souhaite désormais mettre son expérience au service de la discipline et de sa jeunesse.
Une page se tourne pour Cissé Cheick Sallah. Lors d’une conférence de presse tenue au Centre sportif, culturel et des TIC ivoiro-coréen Alassane Ouattara (CSCTICAO), à Adjamé, le taekwondoïste ivoirien a annoncé sa décision de mettre un terme à sa carrière de compétiteur. Mais loin de signifier un retrait du monde du taekwondo, cette décision marque le début d’un nouvel engagement : contribuer au développement de la discipline en Côte d’Ivoire.
« Je quitte la compétition, mais je ne quitte pas le combat. Mon prochain combat sera de faire rayonner notre discipline autour d’une fédération modèle »
a-t-il déclaré, avant d’annoncer officiellement son intention de se porter candidat aux prochaines élections à la tête de la Fédération ivoirienne de taekwondo.
Cissé Cheick Sallah, un palmarès qui a marqué l’histoire du sport ivoirien
Né le 19 septembre 1993 à Abidjan, Cissé Cheick Sallah s’est imposé au fil des années parmi les grandes figures du taekwondo mondial. Son parcours a notamment été marqué par son sacre aux Jeux olympiques de Rio en 2016, où il a remporté la médaille d’or dans la catégorie des moins de 80 kg. Cette victoire historique a fait de lui le premier champion olympique de l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Huit ans plus tard, aux Jeux olympiques de Paris 2024, il a de nouveau porté haut les couleurs ivoiriennes en décrochant la médaille de bronze dans la catégorie des plus de 80 kg. Deux podiums olympiques qui témoignent de sa capacité à se maintenir au plus haut niveau.
Son palmarès compte également un titre de champion du monde décroché à Bakou en 2023, ainsi que plusieurs succès sur le circuit international, notamment en Grand Prix. À ces performances s’ajoutent ses titres continentaux et ses médailles aux Jeux africains, qui ont contribué à asseoir sa place parmi les références africaines de la discipline.
En 2024, il a également été choisi comme porte-drapeau de la délégation ivoirienne aux Jeux olympiques de Paris. Une distinction symbolique qui illustre la place occupée par l’athlète dans le paysage sportif national.
Un modèle pour la jeunesse ivoirienne et africaine
Au-delà des médailles, l’influence de Cissé Cheick Sallah se mesure aussi à la portée de son parcours auprès des jeunes. En devenant champion olympique en 2016, il a démontré qu’un athlète ivoirien, formé en Côte d’Ivoire pouvait atteindre le sommet de sa discipline sur la scène mondiale. Son succès a contribué à renforcer la visibilité du taekwondo et à nourrir de nouvelles ambitions chez les jeunes pratiquants locaux.
Son itinéraire rappelle également l’importance de la formation, de la régularité et de l’encadrement dans la construction d’un champion. Pour de nombreux jeunes Ivoiriens et Africains, il incarne la possibilité de transformer une passion sportive en un projet d’excellence et de représentation internationale.
Cet engagement ne se limite pas à l’exemple donné sur les tatamis. À travers des initiatives de transmission et de détection de talents, l’athlète cherche à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération. En décembre 2025, il a notamment lancé « La Noël des Champions », une compétition réunissant plus de 1 000 athlètes issus de plus de 150 clubs nationaux et étrangers. L’événement visait à repérer de nouveaux talents et à encourager la relève du taekwondo.
Ces actions traduisent une volonté de faire bénéficier les jeunes de l’expérience acquise au plus haut niveau et de contribuer à la continuité des performances ivoiriennes sur les scènes africaine et internationale.
De la performance sportive à la gouvernance
Avec l’annonce de sa candidature à la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo, Cissé Cheick Sallah entend désormais s’investir dans l’organisation et l’avenir de sa discipline. Son ambition déclarée est de contribuer à la mise en place d’une fédération modèle et de renforcer le rayonnement du taekwondo ivoirien.
Il affirme vouloir travailler avec les responsables de la discipline, y compris ceux avec lesquels des divergences peuvent exister.
« Nous ne sommes pas obligés d’être des amis, mais nous sommes obligés de travailler ensemble pour le taekwondo ivoirien »
a-t-il souligné, citant notamment Bamba Cheick Daniel et Jean-Marc Yacé.
« En Afrique, un enfant n’a jamais raison devant son père. Il accepte, il s’adapte, il respecte et il fait avec »,
a-t-il déclaré, invoquant son éducation pour expliquer sa retenue.
Sa candidature s’inscrit ainsi dans une nouvelle étape de son parcours, où les enjeux ne se limitent plus aux résultats individuels, mais concernent aussi l’organisation de la discipline, l’accompagnement des clubs et la formation des futurs champions.
Un autre combat commence pour Cissé Cheick Sallah
La fin de la carrière sportive de Cissé Cheick Sallah marque la conclusion d’un parcours international riche en distinctions, mais pas celle de son engagement pour le taekwondo. De Rio à Paris, en passant par son sacre mondial de 2023, il a contribué à inscrire le nom de la Côte d’Ivoire parmi les nations qui comptent dans cette discipline.
Son prochain défi sera différent : transformer son expérience de champion en actions durables pour le développement du taekwondo ivoirien et l’épanouissement de sa jeunesse. L’issue de cette nouvelle ambition dépendra notamment de son projet, de sa capacité à fédérer les acteurs de la discipline et du processus électoral de la fédération.
Après avoir combattu pour des médailles, Cissé Cheick Sallah annonce vouloir désormais se battre pour l’avenir du taekwondo.
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