Le stagiaire moqué qui a sauvé son entreprise en Côte d’Ivoire.

Le stagiaire moqué qui a sauvé son entreprise

Ce matin-là, Kevin, stagiaire arriva très tôt devant une grande agence de communication au Plateau, à Abidjan. Il resta quelques secondes devant les portes vitrées. Il inspira profondément. C’était son premier jour de stage… et peut-être la première vraie chance de sa vie.

Son costume, cousu par un tailleur du quartier, était un peu large pour lui. À ses pieds, une paire de chaussures modestes, appelées Gongoua Bilé, brillait sous le soleil grâce au cirage qu’il avait appliqué avec soin.

Kevin entra dans les bureaux et salua chaque personne qu’il croisait.

— Bonjour chef…

— Bonjour grande sœur…

Mais personne ne répondit vraiment. Dans l’open space, les murmures commencèrent rapidement.

— Encore un stagiaire pour fatiguer les gens… Ici, ils viennent faire café et courses, puis ils disparaissent.

— Regarde son costume… On dirait qu’il l’a emprunté à son oncle du village pour un mariage.

Kevin entendit tout. Mais il ne dit rien. Chez lui, on lui avait appris que parfois, le silence parle mieux que les mots. Il s’installa calmement à son bureau et sortit son ordinateur. Un vieux modèle qui avait déjà beaucoup servi, mais qui fonctionnait encore parfaitement.

Vers 10 heures, l’ambiance changea brusquement. La directrice marketing entra dans la salle de réunion, visiblement inquiète.

— Nous avons un gros problème.

Tout le monde se tut.

— Notre plus grand client menace de quitter l’agence. Il veut une nouvelle stratégie digitale complète qui fonctionne mieux… avant ce soir.

La pièce devint silencieuse. Le projet semblait trop important. Trop risqué. Personne ne voulait prendre cette responsabilité. Puis, lentement, Kevin leva la main.

— Madame… je peux essayer de proposer quelque chose.

Quelques rires discrets traversèrent la salle.

— Toi ? Tu es là depuis deux heures seulement, lança un employé en souriant.

La directrice observa Kevin quelques secondes. Elle semblait hésiter. Puis elle dit vu qu’elle n’avait rien à perdre :

— D’accord. Tu as jusqu’à 16 heures.

Elle donna également la même consigne aux autres dans la boite. Kevin travailla sans s’arrêter. Il analysa les réseaux sociaux du client. Il observa les habitudes des jeunes ivoiriens. Il étudia les tendances, les expressions populaires, l’humour local. Il oublia même de manger.

À 16 heures précises, Kevin entra dans la salle de réunion pour présenter son travail. Sa voix tremblait légèrement… mais ses idées étaient solides. Il proposa :

  • Une nouvelle ligne éditoriale proche de la culture ivoirienne
  • Une campagne interactive basée sur l’humour local
  • Des collaborations avec des influenceurs authentiques
  • Une stratégie efficace… et trois fois moins coûteuse que les précédentes

Quand il termina, personne ne parla pendant quelques secondes. La directrice demanda :

— Qui t’a aidé à préparer tout ça ?

— Personne, madame.

— Où as-tu appris tout cela ?

Kevin sourit légèrement.

— Je tenais une cabine téléphonique et je vendais des forfaits internet à Yopougon Siporex pour payer mes études. Là-bas, j’ai appris que pour convaincre quelqu’un, il faut d’abord comprendre sa vie.

Le lendemain, le client valida la stratégie. Puis l’agence signa un deuxième contrat. Puis un troisième. L’entreprise venait d’éviter une grande crise. Une semaine plus tard, Kevin arriva au bureau comme d’habitude. Mais cette fois, toute l’équipe était debout. Ils l’applaudissaient. La directrice s’approcha et lui tendit un nouveau badge.

— Kevin, bienvenue officiellement dans l’entreprise. Tu n’es plus stagiaire. Tu es maintenant consultant junior.

Kevin remercia avec émotion. Puis il demanda doucement :

— Madame… puis-je garder mon ancien costume ?

Elle sourit, surprise.

— Pourquoi ?

Kevin répondit :

— Parce qu’il me rappelle que le talent n’a pas besoin d’être bien habillé pour exister.

La directrice, amusée, hocha la tête.

— Garde-le. Mais pour te féliciter, l’entreprise va aussi t’aider à renouveler ta garde-robe. Tu représenteras désormais notre image auprès des clients.

Kevin accepta, humblement. Car il savait que la plus belle chose qu’il porterait toujours… serait son travail et son respect des autres.

Morale

Ne jugez jamais une personne selon son apparence ou son statut. Parfois, ceux qui parlent le moins sont ceux qui changent le plus les choses.

Déclarama observe. Déclarama raconte.

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