Une finale attendue, un dénouement explosif
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, disputée au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat entre le Sénégal et le pays hôte, restera gravée dans les mémoires. Non pas uniquement pour son enjeu sportif, mais surtout pour la succession de décisions arbitrales controversées ayant plongé la rencontre dans un climat de tension extrême.
Longtemps fermée et indécise (0-0), cette affiche de prestige a basculé dans la polémique dans les toutes dernières minutes du temps réglementaire, transformant l’apothéose annoncée du football africain en scène de confusion généralisée.
Deux décisions, une incompréhension totale
Alors que la rencontre approchait de son terme, le Sénégal pensait ouvrir le score à la 90e minute. Un but finalement refusé par l’arbitre Jean-Jacques Ndala Ngambo, sans recours à la VAR, pour une faute sifflée en amont de l’action. Une décision qui a immédiatement suscité l’incompréhension des Lions de la Téranga, d’autant plus que la séquence semblait mériter une vérification vidéo.

Deux à trois minutes plus tard, à la 90e+7e minute (sur un temps additionnel de huit minutes), un duel physique dans la surface sénégalaise entre un défenseur sénégalais et un attaquant marocain conduit l’arbitre à désigner le point de penalty en faveur du Maroc, cette fois après consultation du VAR. Une décision jugée extrêmement sévère par le camp sénégalais, qui y voit un traitement asymétrique des deux situations clés du match.
Le Sénégal quitte la pelouse, Mané apaise la crise
Sous le coup de la colère, les supporters sénégalais descendent sur la pelouse et, joueurs et membres du staff sénégalais quittent la pelouse en signe de protestation. Un geste rarissime à ce niveau de compétition, encore plus en finale de CAN. La tension monte d’un cran lorsque des supporters tentent de pénétrer sur l’aire de jeu, provoquant une longue interruption.
Dans ce contexte électrique, Sadio Mané, capitaine et leader naturel du Sénégal, joue un rôle central. Refusant que son équipe abandonne une finale sur tapis vert, il convainc ses coéquipiers de regagner la pelouse afin de permettre la reprise du match, malgré un profond sentiment d’injustice.
Le penalty de la discorde
Sous une pression maximale, Brahim Díaz s’élance pour tirer le penalty accordé au Maroc. L’attaquant tente une panenka, facilement captée par Édouard Mendy. Le raté alimente immédiatement les débats : penalty arrêté ou volontairement manqué ? Geste de sang-froid mal exécuté ou tentative délibérée de ne pas décider d’une finale sur une action jugée injuste ?
Quelques instants plus tard, Díaz est remplacé par Walid Regragui, sélectionneur marocain, visiblement furieux. L’image fait le tour des réseaux sociaux et symbolise le malaise autour de cette fin de match irréelle.
Une finale qui interroge l’arbitrage et le statut du pays hôte
Au-delà du résultat sportif, cette finale ouvre un débat plus large sur l’arbitrage en Afrique, l’utilisation du VAR et la perception, persistante, d’un favoritisme implicite accordé aux pays hôtes dans les grands tournois continentaux.
Déjà avant le coup d’envoi, certaines critiques avaient émergé concernant les conditions d’accueil et de sécurité réservées aux Sénégalais à Rabat. Les événements de cette finale n’ont fait que renforcer ce sentiment de déséquilibre.
Une image écornée pour la CAN
Alors que la Coupe d’Afrique des Nations ambitionne de s’imposer durablement parmi les compétitions majeures du football mondial, cette finale Sénégal–Maroc risque de laisser une trace durable. Non pas pour la qualité du jeu, mais pour une gestion arbitrale jugée incohérente et un scénario qui nuit à la crédibilité de l’institution. À l’heure où le Maroc se prépare à co-organiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, cette finale pose une question centrale : le football africain peut-il prétendre à l’excellence sans garantir une équité totale, en particulier lorsque le pays hôte est impliqué ?


















